Il est sur toutes les lèvres, dans tous les mots, tous les sous-entendus, toutes les questions et toutes les réponses depuis plusieurs semaines, ce mot.
Chacun à sa façon parle de l'élection, du vote, des présidentielles.
Chaque vidéo de coluche, chaque statut facebook, chaque émission de télé nous envoie le même message : il faut voter.
Du haut de ma réputation d'apolitique, je me voyais bien mettre comme chaque fois un bulletin pour nos amies les crevettes, mais non.
Pour la première fois de ma vie, j'en ai à la fois honte et à la fois j'en suis fier, j'ai voté pour un candidat.
J'ai voté pour un homme qui me transcendait par ses paroles, ses actes et ses idées.
À aucun moment, j'aurais cru pouvoir voter pour quelqu'un et non pas contre un autre.
Je vote par dépit.
Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui, j'ai voté POUR quelqu'un.
Vous pourriez me demander (et vous auriez raison) : "Mais arrête de nous pourlicher le lobe droit de crème épaisse même pas fondue et prends ta bouche à deux mains pour nous flanquer sur le papier le nom de ce candidat qui t'émoustille assez pour te faire mouiller la chatte inexistante et explique nous pourquoi tu t'abaisse au rang d'échalas démocratisant !"
Après vous avoir fait remarqué que, même si on en comprend le sens, votre tirade ne veut rien dire, je répondrais certainement que personne, pas même moi, n'est obligé par ses devoirs de citoyens d'exposer devant tout le monde ses penchants votophiles.
Pour faire une métaphore très peu éclairée, ma soeur fait de la clarinette et j'ai appris à préparer une clarinette.
Tout d'abord, on assemble les tuyaux, puis on humidifie l'anche, puis on met l'anche, on resserre les vis de l'embouchure et enfin on joue.
Pour moi, cette préparation est indispensable au jeu au même titre que mon devoir de citoyen est inhérent à mes droits de citoyen qui me permettent de ne pas divulguer à n'importe qui les tressaillements qui embrasent mes neurones à chaque vote.
Sur ce, je m'en vais conseiller ma soeur dans ses pérégrinations électorales.
Bonne journée et si on ne se revoit pas d'ici-là, une bonne soirée et une excellente nuit.
Votre dévoué,
Grozneuil.


France